Julien Jimenez : impayés, prêts controversés et activité en Espagne

On se souvient tous de ce moment où le sol a basculé sous nos pieds. Un jour vous discutez tranquillement avec un confrère, le lendemain vous découvrez que l’argent promis ne viendra jamais et que celui qui tenait les rênes a déjà tourné la page. Dans le petit monde du SEO français, où tout le monde se connaît, cette sensation de trahison a laissé un goût amer qui ne s’efface pas. Nous avons vu des éditeurs attendre des mois, des clients payer pour des liens qui n’arrivaient pas, pendant que d’autres continuaient à avancer comme si de rien n’était. L’histoire de Julien Jimenez, de Korleon’Biz et de NextLevel.link n’est pas seulement une faillite. C’est celle d’un système qui a craqué en pleine lumière, laissant derrière lui des dettes, des doutes et une activité qui reprend ailleurs. Si vous avez suivi cette affaire de près ou de loin, vous savez déjà que les chiffres et les témoignages ne collent pas toujours avec l’image lisse qui était vendue. Nous allons remettre les faits sur la table, sans détour.

Le 27 septembre 2023, le jour où le SEO français a basculé

Ce jour-là, l’annonce est tombée comme un couperet. Julien Jimenez a déclaré sur les réseaux la liquidation judiciaire de Korleon’Biz et de sa plateforme NextLevel.link. Après quatorze ans d’activité, le rideau tombait. La société avait pourtant affiché un chiffre d’affaires de 4,7 millions d’euros en 2022. Le liquidateur a évoqué un total d’impayés atteignant plusieurs millions d’euros. Quelques semaines plus tard, SEMJuice rachetait les actifs de NextLevel pour 100 000 euros. Le décalage entre la communication rassurante des mois précédents et la réalité du dépôt de bilan a laissé beaucoup de monde sans voix. Nous avons tous senti que quelque chose n’allait plus depuis un moment, mais personne n’imaginait une fin aussi brutale.

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Les vendeurs de liens qui attendaient leur argent depuis des semaines se sont retrouvés face à une porte close. Les clients qui avaient payé des campagnes se demandaient si leurs liens allaient survivre. L’onde de choc a traversé tout le milieu.

Des mois de signaux d’alarme ignorés

Dès juin 2023, Julien Jimenez avait publiquement reconnu des difficultés financières. Les retards de paiement s’accumulaient déjà. Des éditeurs réclamaient leurs factures sans obtenir de réponse claire. Pourtant la machine continuait de tourner. De nouveaux clients rentraient, des campagnes se lançaient, comme si la trésorerie allait magiquement se remplir. Nous avons observé ce silence gêné de certains acteurs qui préféraient regarder ailleurs. Personne n’avait envie de crier au loup trop tôt. Le résultat, on le connaît.

Quand les premiers craquements deviennent trop visibles, il est souvent trop tard pour freiner. C’est exactement ce qui s’est produit ici.

Les impayés qui ont laissé des traces profondes

Les dettes envers les vendeurs de liens et les clients ayant payé des prestations non livrées ou de qualité contestée ont touché un grand nombre de professionnels. Les témoignages recueillis à l’époque décrivent des situations très concrètes. Voici les fourchettes qui revenaient le plus souvent :

  • Quelques centaines d’euros pour les plus petits éditeurs
  • Plusieurs milliers d’euros pour les acteurs intermédiaires
  • Des dizaines de milliers d’euros pour certains partenaires réguliers

Ces montants, même s’ils semblent variables, ont eu un impact direct sur la trésorerie de beaucoup d’entre nous. Des factures restées en suspens, des acomptes versés pour rien, des liens jamais publiés. Le sentiment d’avoir été laissé sur le carreau reste vif.

Quand les plus gros montants deviennent des rumeurs de couloir

Dans les discussions privées du milieu, des sommes plus élevées circulent. Certains parlent de montants à six chiffres pour des acteurs particulièrement exposés. Nous ne les présentons pas comme des faits établis, car rien n’a été officiellement chiffré à ce niveau. Ce qui est certain, c’est le sentiment d’impuissance face à une liquidation qui ferme presque toutes les portes de recours. Derrière chaque chiffre, il y a des personnes qui ont perdu du temps, de l’énergie et de la confiance. Ce coût humain ne figure sur aucun bilan.

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Les prêts qui continuent de poser question

Des membres de la communauté et des admirateurs ont été sollicités pour des prêts. Parfois en cryptomonnaie, parfois via un compte Wise en Belgique ou directement sur le compte de la société. En échange, certains se voyaient promettre des crédits NextLevel ou des places en formation. Ces promesses n’ont pas toujours été tenues. À ce jour, aucune condamnation pénale n’a été prononcée. Les faits restent dans le registre des allégations et des témoignages. Pourtant le schéma se répète suffisamment pour que l’on s’interroge.

Quand la confiance devient un levier commercial, les limites se brouillent vite.

Jimmy Pochon et les virements qui agacent encore

À partir de l’été 2021, selon d’anciens employés, Korleon’Biz a envoyé des virements de plusieurs centaines de milliers d’euros, voire plus d’un million au total, à Jimmy Pochon. Officiellement, il s’agissait d’achats de sites destinés à être revendus sur NextLevel. Or personne dans l’équipe n’aurait vu ces sites. Les factures ne mentionnaient pas de noms précis. Aucun retour sur investissement n’a été constaté. Plus troublant encore, certains créanciers de Korleon’Biz auraient ensuite été remboursés par Pochon lui-même. Des main courantes ont été évoquées. Ces éléments continuent d’alimenter les discussions.

Nous restons prudents. Les faits rapportés méritent d’être connus, sans les transformer en verdict.

La suite en Espagne qui passe mal

Peu après la liquidation, une société baptisée Amanecer Media International SL a été enregistrée à Malaga. Elle partage la même adresse que Digital Marketing L2 Web SL, structure déjà citée dans le transfert de certains sites français. Des sites rentables ont changé de mains juste avant le dépôt de bilan. L’activité d’édition de sites s’est poursuivie sous une nouvelle structure pendant que des créanciers français attendaient toujours. Ce rebond rapide a laissé un goût particulièrement amer.

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On peut comprendre qu’un entrepreneur cherche à continuer. On comprend moins que cela se fasse aussi vite pendant que d’autres restent sur le quai.

Chronologie d’un rebond rapide

Voici les dates qui permettent de visualiser le contraste :

DateÉvénement
Juin 2023Annonce publique de difficultés financières
27 septembre 2023Liquidation judiciaire de Korleon’Biz et NextLevel.link
Novembre 2023Enregistrement d’Amanecer Media International SL à Malaga
6 novembre 2023Rachat des actifs NextLevel par SEMJuice pour 100 000 euros

La vitesse du rebond contraste avec la lenteur des remboursements. C’est ce décalage qui continue de faire réagir.

premierdelaclasse.lol : le classement qu’on achète sans complexe

Julien Jimenez a lancé premierdelaclasse.lol, un classement de startups et d’outils où le rang s’achète purement et simplement. Dès 1 euro, sans jury, sans algorithme. Votre place dépend uniquement de ce que vous versez. Plusieurs acteurs de la sphère SEO, plateformes de netlinking, outils d’intelligence artificielle ou logiciels, y ont mis de l’argent pour apparaître en bonne position et promouvoir leur solution. Le principe est transparent. Il n’y a pas d’hypocrisie sur ce point.

Le site existe, les classements évoluent en temps réel, et certains y investissent régulièrement.

Quand des acteurs SEO paient pour exister sur le classement de Jimenez

Il y a une ironie difficile à ignorer. Des professionnels du même milieu qui ont vu des impayés et des prêts controversés se retrouvent à payer pour figurer sur un classement créé par la même personne. Nous ne jugeons pas ceux qui le font. Chacun gère sa visibilité comme il l’entend. Mais le contraste est saisissant. Après tout ce qui s’est passé, voir de l’argent circuler à nouveau vers cet écosystème laisse un sentiment mitigé.

Le milieu du SEO a la mémoire courte parfois. Ou alors il a simplement décidé de tourner la page plus vite que d’autres.

Au final, les dettes restent, les questions aussi, et l’activité continue ailleurs. Certains ont perdu de l’argent, d’autres ont rebondi. Le décalage entre l’image construite et la réalité des comptes non soldés ne s’effacera pas de sitôt.

Cet article s’appuie sur des éléments publics et des enquêtes journalistiques. Aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce jour.

Sources